Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Ce qui se joue de CAROLINE HINAULT aux Ed du Rouergue

Publié le

Nous sommes ici au coeur de notre époque et de ses préoccupations. L'enseignement est comme chacun sait l'avenir d'une société. le contenu de ce qui est appris est secondaire, il est primordial de voir le contrepoids méthodologique, l'esprit de curiosité qui doit régner au sein du corps enseignant. La responsabilité écrasante d'un monde en devenir repose sur des épaules parfois fragiles, tant la profession peut être déconsidérée, son autorité morale et intellectuelle remise en question. " Ce qui se joue " est dans la priorité donnée ou pas à la formation des esprits, à la communication entre les êtres et à l'étude du "savoir apprendre", de la complexité qu'il y a à accepter qu'un adolescent a besoin de repères, qu'il fluctue entre les différentes influences extérieures, à une pression grandissante de médias mercantiles et...futiles.
Dans ce roman Caroline Hinault, enseignante de son état, envisage une rupture physiologique sous la forme d'une épidémie d'aphasie, perte de nos sens communicants, touchant d'abord les enseignants, ceux-là même chargés d'établir et de construire les liens entre le passé, le présent et un futur possible et souhaitable.
Le support choisi est la langue française et ses contenus, ses textes multiples, ses structures internes et les mythes qu'elle véhicule, constitutif de nos manières de ressentir, et surtout de communication entre nous.
Les codes langagiers évoluent en permanence, n'ont pas à être jugés, ils s'enrichissent mutuellement, passerelles entre générations et classes sociales. L'écoute de la parole de l'autre enrichit le propos, provoque une réaction, engendre la tolérance et l'acceptation de la tolérance.
L'aphasie collective tue ce lien, petit à petit érode les fondations, l'écroulement n'est pas loin, les tensions s'exacerbent, et donne naissance à un monstre politique à la sémantique simplifiée et coercitive, le totalitarisme petit à petit fait son nid dans l'absence de communication, dans le chacun pour soi née de cette pandémie sans vaccin.
La poésie petit à petit laisse la place aux slogans simplistes, sauf à considérer l'ilôt de résistance en la personne de Monia comme l'espoir ultime.
La pirouette finale donne une réponse à l'épouvantable catastrophe qui se profile.
Le parallèle avec notre réalité est obsédante, le message est clair, à décrypter au fur et à mesure, formidable leçon d'optimisme sur nos capacités à dépasser une vision étriquée de la vie en société.
A lire ce parcours pédagogique joyeusement foutraque sur fond dystopique et à la fin...

Commenter cet article